Gestion

Structure du bilan

En tant que société de crédit foncier, le financement des actifs de la Caisse Française de Financement Local est réalisé par l’émission de dettes sécurisées par un privilège légal qui leur garantit un droit prioritaire sur les flux des actifs.

En dehors de ses fonds propres, la Caisse Française de Financement Local utilise deux catégories de dettes pour financer ses actifs :

  • les dettes qui jouissent du privilège légal (covered bonds) : selon la loi, ce sont des obligations foncières ou d’autres ressources qui bénéficient par leur contrat du privilège légal. La Caisse Française de Financement Local émet ainsi des registered covered bonds bénéficiant par leur contrat du privilège légal, au même titre que les obligations foncières,
  • les dettes qui ne bénéficient pas du privilège légal sont celles qui ne sont pas couvertes par les actifs et qui, de ce fait, sont en rang subordonné par rapport aux dettes bénéficiant du privilège. Avec les fonds propres, elles financent le surdimensionnement. Elles peuvent être essentiellement de trois types :
    • principalement, les dettes contractées aux termes de la convention de financement signée avec SFIL, société mère de CAFFIL,
    • si besoin, les financements obtenus auprès de la Banque de France : en tant qu’établissement de crédit, CAFFIL peut bénéficier, en son nom propre, de l’accès aux opérations de refinancement de la Banque de France. Les financements obtenus ne bénéficient pas du privilège de la loi sur les sociétés de crédit foncier, mais sont garantis par des actifs gagés au profit de la Banque de France. Les actifs ainsi gagés sont exclus du cover pool et du calcul du ratio de surdimensionnement,
    • si besoin, les financements obtenus auprès d’établissements de crédit dans le cadre d’opérations de pensions livrées (repo). Comme pour les financement obtenus auprès de la banque de France ces financements sont garantis par des actifs gagés au profit de l’établissement de crédit. Les actifs ainsi gagés sont exclus du cover pool et du calcul du ratio de surdimensionnement

Surdimensionnement

Le ratio de couverture (ou surdimensionnement) calculé pour les sociétés de crédit foncier représente le rapport entre les actifs et les dettes bénéficiant du privilège de la loi. Son niveau minimum a été fixé par la loi à 105 %.

Les agences de notation peuvent exiger un niveau de surdimensionnement supérieur à 105 %. Cette exigence dépend de la méthodologie utilisée par chaque agence de notation et des nouveaux actifs et passifs inscrits au bilan de la Caisse Française de Financement Local, et elle est variable dans le temps. La Caisse Française de Financement Local tient compte de ces exigences particulières dans le pilotage de son activité, afin de s’assurer qu’elles sont toujours respectées. 

Les données relatives au taux de surdimensionnement de CAFFIL sont disponibles dans la partie chiffres clés de ce site internet ainsi que dans les rapports financiers ou d’activité publiés chaque trimestre.

Qualité des actifs

Depuis sa création, la Caisse Française de Financement Local s’attache à garantir l’excellente qualité de ses actifs.

Les encours au bilan de CAFFIL concernent principalement des contreparties du secteur public (local et expositions souveraines) ainsi que plus marginalement des contreparties bancaires (dans le but de placer les excédents de trésorerie de CAFFIL). 

Les expositions françaises sont prédominantes avec plus de 85 % du cover pool. Cet encours est diversifié, à la fois en termes de nombre de contreparties (environ 15 000 clients différents), de répartition sur le territoire, de types de clientèles : régions, départements, métropoles, communes, établissements publics de coopération intercommunale, établissements publics de santé, organismes de logement social. 

La nouvelle production réalisée dans le cadre du partenariat avec LBP et les nouveaux prêts issus des opérations de gestion de l’encours de CAFFIL sont exclusivement réalisés avec des emprunteurs du secteur public local français. 

Les prêts de refinancement des grands crédits à l’exportation bénéficient d’une garantie inconditionnelle et irrévocable à 100% de l’État français.

L’encours sur des contreparties secteur public étranger représente moins de 15 % des encours totaux. Depuis 2013, ces expositions sont gérées en extinction.

Cette faible exposition au risque de crédit de CAFFIL se reflète via :

  • le faible montant des impayés,
  • le faible montant des créances douteuses et litigieuses selon les normes comptables françaises (moins de 1 % du cover pool),
  • le niveau des de pertes constatées quasi nul depuis la création de SFIL en 2013.

Les données relatives à la qualité des actifs de CAFFIL sont disponibles dans la partie chiffres clés de ce site internet ainsi que dans les rapports financiers ou d’activité publiés chaque trimestre.

Risque de liquidité

Le risque de liquidité est défini comme le risque lié à la capacité de l’établissement à trouver la liquidité nécessaire à bonne date et à un coût raisonnable pour satisfaire les besoins de financement liés à son activité. 

Le risque de liquidité de la Caisse Française de Financement Local réside principalement dans sa capacité à pouvoir régler à bonne date certaines dettes privilégiées à la suite d’un décalage trop important dans le rythme de remboursement de ses actifs et celui de ses passifs privilégiés.

Pour faire face à ses besoins de liquidité, la Caisse Française de Financement Local utilise prioritairement les cash flows provenant de l’amortissement des actifs du cover pool ou l’émission de nouvelles obligations foncières pour remplacer celles arrivant à maturité et dont le remboursement crée le besoin de liquidité.

Par ailleurs, la Caisse Française de Financement Local dispose d’un stock important d’actifs éligibles aux opérations de refinancement de la Banque centrale européenne, via la Banque de France. Outre l’accès auprès de la banque centrale en son nom propre, la Caisse Française de Financement Local peut également mobiliser certains de ses actifs en ayant recours à des financements interbancaires sous la forme de pension livrée (repo). En cas de besoin, ces opérations permettraient de couvrir aisément les besoins de trésorerie.

Le besoin de liquidité cumulé maximum auquel la Caisse Française de Financement Local aurait à faire face dans le futur, en situation de run‑off et d’incapacité à émettre de nouvelles obligations foncières, est inférieur au financement maximum déjà obtenu ponctuellement de la banque centrale par le passé. Il est également inférieur à la capacité de la Caisse Française de Financement Local à obtenir des refinancements de la Banque de France, mesurés par le montant des actifs éligibles après haircut, qui seraient disponibles en respectant le niveau de surdimensionnement requis par la réglementation. 

CAFFIL dispose ainsi de moyens autonomes et sûrs lui permettant de couvrir ses besoins temporaires de liquidité, même en cas de faillite de sa société mère, dans la mesure où la procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire de sa société mère ne peut être étendue à la Caisse Française de Financement Local (article L.513-20 du Code monétaire et financier)

Par ailleurs, CAFFIL encadre son risque de liquidité via le suivi et le respect :

  • des indicateurs réglementaires spécifiques aux sociétés de crédit foncier (ratio de couverture réglementaire, écart de durée de vie moyenne, projection des besoins de trésorerie à 180 jours) ;
  • des indicateurs réglementaires de liquidité applicables aux établissements de crédit et notamment le respect du ratio Liquidity Coverage Ratio (LCR) ;
  • d’indicateurs internes (projections de liquidités à court terme et à long terme stressées et non stressées, ratio de couverture de gestion, écart de duration entre les actifs et passifs privilégiés, horizon de survie à un an en conditions stressées, sensibilité de la valeur actuelle nette du gap de liquidité statique, etc.)

Les données relatives à la gestion des risques de liquidité de CAFFIL sont disponibles dans la partie chiffres clés de ce site internet ainsi que dans les rapports financiers ou d’activité publiés chaque trimestre.

Risque de taux

Le risque structurel de taux se définit comme le risque de perte encourue en cas de variation des taux d’intérêt qui entraînerait une perte de valeur des opérations de bilan et de hors bilan, à l’exception, le cas échéant, des opérations du portefeuille de négociation. On distingue notamment trois types de risque de taux (risque de taux fixe, risque de base et risque de fixing).

Pour limiter l’impact de ces risques, CAFFIL a mis en place une stratégie de couverture en deux temps :

  • dans un premier temps, les actifs et les passifs privilégiés qui ne sont pas naturellement à taux variable sont couverts contre euribor jusqu’à maturité, et cela dès leur entrée au bilan. Dans la pratique, les acquisitions de portefeuilles de prêts (dont le montant unitaire est généralement faible) sont généralement macro-couvertes. Les crédits accordés individuellement ou les émissions obligataires peuvent être micro- ou macro-couverts. La couverture des actifs et des passifs est le plus souvent réalisée par la conclusion de swaps de taux, mais le même effet peut également être obtenu, lorsque cela est possible, par la résiliation de swaps de sens opposé ;
  • dans un second temps, les flux des actifs et passifs en euribor (naturellement ou après couverture) sont swappés en eonia afin de protéger le résultat contre le risque de base résultant de périodicités différentes des euribor (1, 3, 6 ou 12 mois) et contre le risque de fixing dû à des dates de refixation des index de référence différentes à l’actif et au passif. Le risque résiduel est géré en macro-couverture sur un horizon de gestion d’une semaine.

Les dettes non privilégiées ne sont pas concernées par ces opérations de couverture. En effet, les dettes contractées par la Caisse Française de Financement Local auprès de son actionnaire pour financer le surdimensionnement sont empruntées soit directement avec un index eonia et n’ont pas besoin d’être swappées, soit avec un index euribor et financent alors des actifs également indexés sur euribor. Le cas échéant, les dettes envers la Banque de France, à court terme et à taux fixe, ne sont pas couvertes, mais financent des actifs à taux fixe également.

Ces différents types de risques de taux sont suivis, analysés et gérés à travers la production de gaps (respectivement de taux fixe, de base et de fixing), et/ou d’indicateurs de sensibilité de la valeur actuelle nette (VAN). Des limites encadrent cette sensibilité afin de limiter l’impact sur la valeur des éléments de bilan en cas de translation de la courbe des taux ou face à des mouvements de pentification/rotation.

Les données relatives à la gestion des risques de taux de CAFFIL sont disponibles dans les rapports financiers et d’activité publiés chaque trimestre.

Risque de change

Le risque de change se définit comme le risque de perte lié à une évolution du cours des devises face à une devise de référence. La devise de référence de la Caisse Française de Financement Local est l’euro ; le risque de change reflète donc le changement de valeur des actifs et des passifs libellés dans une autre devise que l’euro en raison d’une fluctuation de cette même devise face à l’euro.

La politique de gestion du risque de change de CAFFIL consiste à ne prendre aucun risque de change : les émissions et les actifs libellés en devises donnent lieu, au plus tard à leur entrée au bilan et jusqu’à leur échéance finale, à la conclusion d’un cross‑currency swap contre euro, assurant ainsi une parfaite couverture en change du nominal et du taux portés par ces éléments de bilan. Les expositions à taux révisable issues de cette gestion sont intégrées dans la gestion du risque de taux. Cependant, certains prêts de refinancement des grands crédits à l’exportation libellés en USD peuvent générer un risque de change très limité pendant leurs phases de tirage. Ce risque résiduel est néanmoins encadré à travers le calcul d’une limite de sensibilité très faible.

Les données relatives à la gestion du risque de change de CAFFIL sont disponibles dans les rapports financiers et d’activité publiés chaque trimestre.